En route vers les tours!

Mont-Saint-Éloi,
vu par Philippe Masselot.

Ma première rencontre avec le Mont Saint Eloi fut épique. Enfin, presque, au regard de ce que le lieu avait déjà abrité au cours de l’histoire.

 

C’était à peu près à cette époque de l’année, un automne venteux et pluvieux, déjà. Un groupe de potes, des vélos, puis une drache comme les cieux nordistes en ont le secret, glacée et intense. Les cris et les rires malgré tout des cyclistes qui s’encouragent mutuellement : en promenade le dimanche, vous n’avez pas de voiture suiveuse. L’averse s’apaise un peu, la route s’élève : si on prend par là, on fera demi-tour avec les honneurs !

 

C’est ainsi que j’ai abordé la côte qui mène aux tours. Ces dernières brillaient sous les rayons d’un soleil qui avait réussi à écarter les nuages. Vision extraordinaire alors que les maillots et les jambes dégoulinaient encore. Un détail amusant : chaque fois que je suis retourné à Mont Saint Eloi (je me l’étais promis ce jour de randonnée) pour y faire les relevés nécessaires à un polar crédible, il faisait beau.

 

Ce jour-là, je mettais enfin une image, j’allais écrire un visage sur un lieu que l’on m’avait souvent cité. Mais à quelles occasions exactement ?

 

Loin de moi l’idée de vous donner un cours d’histoire, les ouvrages abondent. Quel lieu magique ! En feuilletant les archives, j’étais dans la peau d’un archéologue dans les rues de Rome : il n’y a qu’à écorcher la surface pour se retrouver plongé dans l’Histoire (avec un grand H, celle-là). Les secrets d’Abbaye, les guerres mondiales, la fuite des Templiers, la chaussée Brunehaut, il n’y avait qu’à tendre la main, les trésors étaient là. Les secrets aussi, comme dit une autre chanson d’automne. A ce propos, quand j’ai eu l’honneur de rencontrer le maire de la commune, lors de l’inauguration de la médiathèque du village (quel beau moment, pour un écrivain), sa première réaction a été de me demander : "Mais comment avez-vous su, pour… ? "

 

Dans ma réponse, j’ai un peu forcé le trait, rendu plus ardu le travail de terrain : parfois, il est vrai qu’il faut en retourner, de la terre et des archives, des données, pour donner corps à un roman. Là, à Mont Saint Eloi, le lieu avait parlé, m’avait dicté l’intrigue.

 

Aujourd’hui, je reste amoureux de l’endroit, et je le traverse encore avec émotion. Rue Montidien, rue des Tours, des Nobles, mais aussi Salengro, et les chemins.

 

J’ai adoré écrire et partager ce livre. Je sais qu’un jour le commissaire Quartafeira(1) reviendra trainer sa silhouette le long des murs de pierre. Le Mont Saint Eloi fait partie de ces lieux où on aimerait poser ses valises. Ce sera peut-être son cas.

 

Philippe Masselot.

 

(1) Requiem à Saint Éloi, Philippe Masselot, éditions de l’Écailler, 2009.



> Quelques liens à découvrir :

Pour visiter le blog de Philippe Masselot, cliquez ici.

Philippe Masselot sur Eulalie, portail du livre et de la lecture en Nord-Pas-de-Calais.

L'Abbaye du Mont-Saint-Éloi sur Wikipédia.

Le site de la commune de Mont-Saint-Éloi.

Spectacle son et lumière à Mont-Saint-Éloi, les 25 et 26 septembre 2015 (article de La Voix du Nord).


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